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Conseil en législation anti-blanchiment pour votre entreprise

Pour les dirigeants

La CTIF peut ensuite s’opposer à l’exécution de la transaction, mais cette opposition dure au maximum cinq jours ouvrables à partir de la notification. Votre entreprise a-t-elle reçu un signalement de sa banque concernant une transaction suspecte, ou l’un de vos comptes a-t-il été bloqué ? Le conseil en législation anti-blanchiment explique qui doit déclarer, ce que fait ensuite la cellule anti-blanchiment, et ce que vous pouvez entreprendre vous-même.

Qui doit déclarer une transaction suspecte, et que se passe-t-il ensuite ?

L’article 5 de la loi du 18 septembre 2017 énumère limitativement qui doit déclarer une transaction suspecte. Cela concerne non seulement les banques et les assureurs, mais aussi les notaires, les agents immobiliers, les réviseurs d’entreprises, les experts-comptables, et les avocats pour une liste limitée d’opérations, comme la gestion de fonds ou la constitution d’une société.

Une entité assujettie déclare à la Cellule de traitement des informations financières, la CTIF, dès qu’elle sait, soupçonne ou a des motifs raisonnables de soupçonner qu’une transaction est liée au blanchiment. Elle ne doit pas identifier elle-même l’infraction sous-jacente : le soupçon suffit déjà pour l’obligation de déclaration.

Si la CTIF souhaite prolonger l’opposition, elle doit sans délai en informer le parquet, qui peut à son tour décider de saisir le compte concerné.

Une société belge active dans le commerce mondial a un jour reçu à court terme des montants importants d’un client iranien. Le service compliance de la banque bénéficiaire a signalé cela à la CTIF, qui l’a transmis au parquet, lequel a décidé de saisir le compte. Un rapport détaillé démontrant des livraisons et des contrats réels a amené le parquet à lever la saisie.

Et si la banque met elle-même fin à la relation ?

Une banque ou une autre entité assujettie ne peut pas nouer ni poursuivre une relation d’affaires lorsqu’elle ne peut pas mener à bien la vigilance à l’égard du client. La loi l’oblige même, dans ce cas, à mettre fin à une relation déjà existante, quel que soit l’impact pour votre entreprise.

L’enjeu est réel pour l’entité assujettie elle-même. L’amende administrative peut atteindre 5.000.000 d’euros pour les banques et les assureurs, ou, si ce montant est plus élevé, dix pour cent du chiffre d’affaires annuel net. Pour les professions du chiffre, les notaires et les agents immobiliers, le plafond s’élève à 1.250.000 euros. Cela explique pourquoi une banque préfère traiter un dossier avec trop de prudence plutôt que trop peu.

Le registre UBO joue un rôle dans toute vigilance à l’égard du client. Une entité assujettie déclare à l’Administration de la Trésorerie toute différence qu’elle constate entre les données de ce registre et son propre dossier, et l’identité du déclarant n’est jamais communiquée à l’entreprise concernée. De telles déclarations expliquent parfois pourquoi une banque pose soudain des questions supplémentaires sur votre structure actionnariale.

Votre relation bancaire est-elle rompue ou votre compte gelé ? Notre page sur la rupture de la relation client détaille les démarches possibles. Les entreprises assujetties qui veulent faire vérifier leur propre politique trouveront davantage sur nos pages consacrées à l’audit aml et à la formation aml. Un dispositif d’alerte interne impose entre-temps un canal interne similaire. Retour à notre page pour les dirigeants d’entreprise.

Questions fréquentes

Quelles entreprises doivent déclarer des transactions suspectes à la CTIF ?

Une liste limitative de la loi du 18 septembre 2017 le détermine, avec notamment les banques, les assureurs, les notaires, les agents immobiliers, les réviseurs d’entreprises et les experts-comptables. Les avocats ne déclarent que pour une liste limitée d’opérations, comme la gestion de fonds ou la constitution d’une société, et ils ne déclarent pas directement à la CTIF mais au bâtonnier de leur ordre.

Combien de temps la CTIF peut-elle bloquer une transaction suspecte ?

Au maximum cinq jours ouvrables à partir de la notification de l’opposition à l’entreprise concernée. Si la CTIF veut prolonger le blocage, elle doit, dans ce délai, en informer le procureur du Roi ou le procureur fédéral. Celui-ci peut ensuite décider lui-même s’il demande une mesure supplémentaire, comme une saisie.

Une banque doit-elle rompre la relation avec un client après une enquête AML ?

Oui, lorsque la banque ne parvient pas à mener à bien la vigilance obligatoire à l’égard du client. La loi lui interdit alors de poursuivre la relation et l’oblige même à mettre fin à une relation existante. Cela vaut aussi lorsque le client coopère, mais que le doute sur l’origine des fonds subsiste.

Que fait une banque d’une différence entre le registre UBO et son propre dossier ?

Le registre UBO joue un rôle dans toute vigilance à l’égard du client. Une entité assujettie déclare à l’Administration de la Trésorerie toute différence qu’elle constate entre les données de ce registre et son propre dossier, et l’identité du déclarant n’est jamais communiquée à l’entreprise concernée. De telles déclarations expliquent parfois pourquoi une banque pose soudain des questions supplémentaires sur votre structure actionnariale.

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